Interviews : les agent municipaux en première ligne

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Ces agents municipaux sont volontaires auprès des habitants pour des missions de solidarité et d'entraide. Ils participent à l’effort collectif du #ServicePublic pendant le confinement. Et en sont fiers. Rendre service et faciliter le quotidien des usagers : voilà les valeurs qui les animent ; ils vous en parlent à cœur ouvert.

 

 

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Zara Morgand : « les liens se sont resserrés »

Zara Morgand est cadre de proximité à la Ville pour les résidences autonomie et responsable de la résidence Talamoni. Elle témoigne des actions et interactions pour et avec les résidents pendant le confinement et dans ces premiers jours du déconfinement.

Quelle a été votre mission pendant ces semaines de confinement ?
Celle de s’assurer que les résidents des trois résidences autonomie ne restent pas trop isolés et gardent le moral et la santé autant que possible. Ainsi, chaque jour, nos six agents ont appelé les 170 résidents pour savoir s’ils rencontraient des difficultés. Il a fallu parfois appeler le Samu ou les urgences, d’autres fois acheter des médicaments pour certains. Nous avons également mis en place un groupe whatsapp, avec et entre les résidents, pour rompre la solitude et maintenir les liens sociaux. Nous sommes quatre cadres à nous rendre dans les résidences pour contrôler les visites.

Comment avez-vous appliqué les gestes barrières ?
Etant chargés du contrôle des entrées et sorties pour respect des normes sanitaires à l’entrée des résidences, nous nous sommes déjà assurés que le port du masque était respecté. Nous avions une réserve en cas de problème. Nous avons, par ailleurs, veillé à ce que tous les emballages soient désinfectés à l’aide de lingettes puis laissés à l’air libre une demi-heure. Quant aux locaux, ils étaient désinfectés deux fois par jour, en particulier les points de contact (poignées de porte, intérieur des ascenseurs, etc…). Les repas, fournis par le Siresco, ne pouvant être pris en salle commune, étaient livrés par les agents de convivialité.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette période ?
La détresse des gens qui se sont retrouvés seuls face à la situation. Beaucoup se posaient des questions auxquelles nous ne pouvions toujours pas répondre. Comme certains étaient sans famille ni personne, nous avons eu à cœur de passer parfois le week-end pour leur faire chauffer leur repas et les rassurer. Habituellement, les résidents s’entraident beaucoup entre voisins, mais l’heure était à la crainte. Les agents de convivialité qui eux aussi appelaient les résidents chaque jour ont constaté avec émotion que les liens s’étaient resserrés avec eux.

Comment se passe la période de déconfinement ?
Les mêmes mesures du protocole sanitaire devraient être conservées jusqu’à fin mai au moins. Pour retrouver le lien social, il est important de réorganiser les petites activités par petits groupes, notamment la réouverture du salon en respectant la distanciation physique. Pour rassurer ceux qui ne peuvent ou ne veulent toujours pas sortir pour faire des courses, nous continuerons, par exemple, à aller chercher les médicaments pour eux. Et sans doute allons-nous continuer à les appeler un jour sur deux. Pour que la vie reprenne son cours.

(Le 19 mai)

 

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Mickaël : "vous pouvez compter sur nous !"

Mickaël Guinaudeau, 38 ans, est agent volontaire pour les distributions alimentaires. Donner un coup de main, c'est aussi cela le sens de sa mission de service public.

Pourquoi vous êtes-vous porté volontaire ?
Je suis chef d'équipe au service des Moyens logistiques à la Ville. Ma famille est campinoise, j'ai habité Champigny pendant 25 ans et j'y travaille depuis 13 ans. C'était normal de donner un coup de main pour aider ceux qui en ont le plus besoin. C'est ça aussi notre mission de service public, au-delà de la simple fiche de poste.

Comment se déroulait chaque distribution ?
Avec les quatre gars de mon équipe, tous bénévoles, nous arrivions deux heures avant. Les fruits et légumes livrés par le Siresco (Syndicat intercommunal de restauration collective) arrivaient par camion. Nous déchargieons les palettes puis préparions un sac par famille avec, notamment, pommes de terre, carottes, courgettes, tomates, oranges, pommes... Les élus municipaux en charge de la distribution ajoutaient des briques de lait en fonction de la composition familiale. Bien sûr, nous avons porté des masques, lavé nos mains avec le gel hydro-alcoolique, respecté les distances. On a organisé le lieu de distribution en installant les tables ; les collègues de la voirie nous ont aidé pour le marquage au sol et le barriérage des files d'attente.

D'autres missions pendant le confinement ?
Nous avons mis installé le CTAD, centre territorial ambulatoire Covid-19 au gymnase Pascal-Tabanelli et préparé la mise sous plis des masques grand public achetés par la Ville. Avec le déconfinement, les distributions alimentaires sont remplacées par la remise de bons d'achat solidaires. Notre mission s'arrête donc là, mais si c’était à refaire, vous pouvez compter sur nous !

(Le 13 mai 2020)

 

 

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Nassim : « Le sens du service public »

Nassim est directeur de la Maison pour tous Youri-Gagarine ; il souligne l’attachement des agents aux actions solidaires menées par la Ville comme les distributions alimentaires. Toute l’équipe de la MPT s’est mobilisée sans exception ! #ServicePublic.

Quel est le rôle de la MPT pendant le confinement ?
Toute l’équipe est à l’écoute des adhérents ; nous faisons beaucoup de phoning pour prendre des nouvelles, garder le lien. Nous échangeons sur leur santé physique et psychique et nous les orientons aussi vers les dispositifs d’aide de la Ville ou des associations comme l’aide alimentaire, le soutien psychologique…

L’équipe garde le contact…
Oui, beaucoup d’adhérents ont besoin d’échanges car ils sont isolés. Ils ont envie de reprendre le sens de la vie au sein de la MPT. C’est du soutien moral avant tout.

Tu as participé aux distributions alimentaires ?
Toute l’équipe de la MPT s’est portée volontaire et est mobilisée ! Ils sont volontaires sur plusieurs distributions ; c’est ça le sens du service public. Cette aide alimentaire est nécessaire car, durant cette période inédite et hors du commun, les familles sont vraiment en difficulté. Beaucoup de Campinois remercient pour cette initiative.

(Le 30 avril 2020)

 

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David : "Participer à l’effort collectif"

David, agent municipal, s’est porté volontaire pour porter des courses chez des Campinois pendant le confinement. Un dispositif de solidarité mis en place par la Ville en lien avec le Centre communal d’action sociale (CCAS) et destiné aux personnes qui sont seules et ne peuvent pas se déplacer.

Pour quelle mission t’es-tu porté volontaire pendant le confinement ?
En temps normal, je suis responsable administratif et financier à la direction du lien social et de la vie citoyenne. Je suis en contact avec les associations et je m’occupe des subventions versées, des bons de commande, des factures et des conventions. Comme pendant le confinement, le service est à l’arrêt, j’ai rejoint sans hésiter le rang des agents volontaires pour le portage des courses à domicile mis en place par la Ville en lien avec le CCAS. C’est important pour moi de participer à l’effort collectif et de mettre mes compétences au service des Campinois. Nous sommes une équipe de 20 agents volontaires et nous livrons dans tous les quartiers de la Ville.

Comment se déroulent tes tournées ?
Chaque agent a trois bénéficiaires. Actuellement, je m’occupe de deux dames âgées et d’un monsieur qui a du mal à se déplacer. Je les appelle régulièrement pour savoir de quoi ils ont besoin. Ils établissent une liste que je viens récupérer chez eux. Il s’agit de produits alimentaires, de médicaments ou encore de cigarettes. Je me rends au supermarché, puis je dépose les courses à leur domicile et leur remets le ticket de caisse. Pour les personnes qui n’ont pas d’espèces ou très peu de moyens, un partenariat a été mis en place avec l’épicerie solidaire. Des paniers de courses sont préparés en fonction des besoins. Ils comprennent de la viande, des laitages, des oeufs, du pain, des légumes... Nous venons les récupérer puis les livrons. Nous intervenons en respectant les gestes barrière et nous avons des matériels de protection (gants, masque et gel hydroalcoolique) que la Ville a mis à notre disposition.

Ces livraisons sont très attendues par les Campinois ?
Ce service est très apprécié par les bénéficiaires. Je dirais même qu’il est vital car il permet aussi de maintenir le lien pendant cette période extrêmement difficile. À chaque livraison, je reste sur le pas de porte et je discute avec les habitants. Ils me racontent leur vie et les petites nouvelles du jour. C’est un moment qui fait du bien au moral de tout le monde

(Le 14 avril 2020)

 

 

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Christine : "Toujours garder l'espoir"

Christine est agent d'accueil à l'EHPAD et fait le lien avec les familles. Elle vous raconte le quotidien des résidents et de l'équipe en confinement ; et livre quelques conseils pour tenir sur la durée.

Quelle est votre mission à l'EHPAD  ?
Je suis arrivée en 2008 en tant qu'agent d'accueil. Je m'occupe aussi des admissions, des dossiers, des rendez-vous pour les résidents : kinés, coiffeur, pédicure... Depuis le confinement, vu qu’il n'y a plus de visite extérieure,  mes missions ont changé et je m'occupe essentiellement de la liaison avec les familles. Ils prennent des nouvelles par téléphone, apportent et récupèrent le linge de leur proche.

Comment se passe le confinement  ?
Tout le personnel porte des équipements de protection, nous appliquons les gestes barrière et maintenons les distances de sécurité. Les résidents restent confinés dans leur chambre. C'est important de veiller à ce qu'ils puissent faire quelques pas. Beaucoup n'ont plus goût à rien et ne veulent même plus regarder la télé. Nous cherchons à maintenir le lien avec les proches, grâce à la messagerie Whatsapp et la tablette numérique mise à disposition par la Ville. Nous  programmons en équipe tous les jours à la demande des résidents des créneaux horaires de visio entre les résidents et leur famille pour quelques instants de dialogue quotidien. Les dessins que nous ont adressés les enfants de l'école Eugénie-Cotton sont distribués l'après-midi. C'est super, ça a fait un bien fou aux résidents, et à l'équipe aussi  !

Quels conseils pour tenir  ?
Toujours garder l'espoir. J'ai moi-même été diagnostiquée positive au Covid-19 en mars, comme plusieurs de mes collègues et résidents. Je l’ai eu sous une forme légère; le médecin m'avait prescrit un test uniquement parce je travaille en EHPAD, sinon, je ne l’aurai jamais su. Après 14 jours de confinement, je suis retournée travailler. C'était important pour moi d'être là pour les résidents auxquels on s'attache. Je voulais montrer qu'on pouvait s'en sortir, on voit trop d'images négatives. C'est sûr, quand tout sera fini, on fera une grande fête !

(le 14 avril 2020)

 

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Fabien, agent municipal : « Si je peux aider, c’est bien »

Fabien est chargé de mission Insertion à la direction municipale de la Jeunesse. Il est aujourd’hui volontaire pour s’occuper du pré-accueil du centre médical provisoire installé au gymnase Tabanelli. Il participe à l’effort collectif du #ServicePublic.

Quelle est ton activité habituellement ?
Je travaille à la direction municipale de la Jeunesse, comme chargé de mission Insertion. J’accompagne les jeunes Campinois dans leur recherche d’emploi en les mettant en relation avec les entreprises. J’organise notamment le salon des jobs d’été et de l’emploi qui s’est tenu fin février en mairie.
Suite au salon, j’ai tenté de joindre les entreprises ayant participé pour faire un bilan mais peu m’ont répondu. J’essaie malgré tout de maintenir le contact avec les jeunes que je suis d’ordinaire pour les préparer à des entretiens de recrutement.
Depuis le confinement cette activité est au point mort. Nous devions notamment organiser le Bus de l’emploi avec Pôle Emploi pour fin juin mais tout s’est arrêté.

Pour quelles missions t’es-tu porté volontaire pendant le confinement ?
Dès l’annonce du confinement, j’ai indiqué à ma hiérarchie que si des services de la Ville manquaient de personnel, j’étais disponible. On m’a proposé de faire partie du dispositif d’appel aux personnes âgées et vulnérables. J’appelle tous les jours 8 personnes, certaines ne me répondent pas forcément chaque jour mais je finis toujours par les avoir. Beaucoup ont plus de 85 ans et cet appel leur est vraiment utile même si elles sont malgré tout bien entourées par leur famille, leurs voisins.
Il y a 8 jours j’ai appris qu’il fallait du personnel pour tenir le pré-accueil du centre médical provisoire installé à Tabanelli. Je me suis donc proposé.

Que fais-tu au centre médical à Tabanelli ?
Les gens qui viennent au gymnase nous sont adressés par le 15 ou un professionnel de santé. Je vérifie qu’ils sont bien enregistrés sur le planning que nous partageons avec le Samu et les médecins. Je les équipe avec un masque, des gants après avoir fait nettoyer les mains au gel hydro-alcoolique. Puis je les dirige vers les infirmières qui vont effectuer les premiers tests médicaux, température, tension…
Ce premier accueil permet au personnel soignant de se concentrer sur l’aspect médical du dispositif et pas sur la partie administrative. Ils peuvent souffler un peu.

C’est de l’organisation et de l’humain…
Ma mission est assez simple, il suffit de réguler les flux des arrivées, d’expliquer aux personnes qui viendraient sans rendez-vous que nous ne pouvons pas les accueillir comme cela. Les gens sont compréhensifs. J’essaie aussi de gérer les personnes anxieuses comme cette maman venue avec son enfant et qui lui demandait de se calmer alors qu’elle-même était très nerveuse. L’idée c’est de ne pas générer plus de stress chez ces personnes qui sont déjà bien inquiètes, et de les accueillir sereinement.

Quel est ton regard sur cette action de la Ville ?
Je trouve que Champigny a été courageuse d’être la première ville à mettre ce dispositif en place. Lors d’une de mes permanences j’ai vu une délégation d’une autre ville venir observer l’organisation avant de peut-être se lancer elle aussi dans un centre médical provisoire.

Et ton rôle ?
Pour moi, tenir ce rôle n’est pas plus stressant que d’aller au supermarché faire ses courses ! Je suis bien équipé et quand je rentre chez moi je lave mes vêtements, je prends une douche, et voilà ! Je sais que mes enfants me voient participer à l’effort collectif, tout comme leur mère qui est enseignante. Si je peux aider, c’est bien.

(7 avril 2020)

 

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Sarah : « Tendre la main, la voix »

Sarah s’est portée volontaire au CCAS de la Ville pour appeler quotidiennement des personnes âgées, isolées de notre ville. Un soutien et un accompagnement précieux du service public qu’elle partage avec vous.

Comment t’organises-tu pour ces appels aux personnes âgées et isolées ?
J'appelle sept personnes par jour ; il y en avait 3 de plus au début qui ne font plus partie du dispositif dans la mesure où elles ont des proches avec elles. Lors du premier appel je me suis présentée, j'ai expliqué que nous avions eu leurs coordonnées par le biais du plan canicule et que nous leur proposions de les rappeler tous les jours pour prendre de leurs nouvelles, échanger avec elles et rappeler les bonnes pratiques. Elles ont toutes accepté et nous avons pris nos petites habitudes depuis une semaine. On commence à se connaître et à discuter ; maintenant mes interlocuteurs reconnaissent ma voix et me demandent même de mes nouvelles !

Quelle est ta mission ?
Les personnes que j'appelle s'inquiètent particulièrement de la durée du confinement, elles ont l'habitude de sortir régulièrement pour faire leurs courses, un petit tour, de la marche, discuter... Et elles vivent assez mal cet enfermement forcé. Le fait d'avoir quelqu'un au téléphone tous les jours leur fait du bien, je crois. Elles me parlent de ce qu'elles ont fait dans la journée, de leurs enfants, de leur vie et peuvent m'interpeller sur des questions pratiques. L'urgence au début était de s'assurer qu'elles avaient toutes une solution pour faire leurs courses. Avec le service de livraison proposé par de nombreuses enseignes, on tient une piste mais ce n'est pas toujours facile. L'entraide, avec des voisins ou leurs aides à domicile, prend heureusement parfois le relais. Les cas les plus problématiques sont adressés au CCAS de la Ville.

Que penses-tu de ce service ?
Je trouve que ce service est super, il remet un peu d'humain dans cette situation très bizarre. La notion de famille est très importante pour moi, je n'ai malheureusement plus mes grands-parents, mais j'aurais aimé qu'ils puissent profiter d'un service comme celui-ci pour égayer leur quotidien. C'est là que la notion de service public prend tout son sens, tendre la main (ou la voix !) aux personnes qui en ont le plus besoin en ce moment. 

(Le 31 mars)

 

Propos recueillis par le service communication de la Ville

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